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RANJIT  MAHARAJ

RIEN  N ' EXISTE



Que règne la paix et l'amour parmi tous les êtres de l'univers. OM Shanti, Shanti, Shanti.

"Dites que c'est zéro, et tout disparaîtra."


UESTION  :  Ce matin vous m'avez demandé comment je me sentais et j'ai répondu que j'étais frustré. Je suis venu à vous pour trouver le vrai bonheur. C'est ce que je veux. Mais plus je vous écoute et plus je suis frustré car vous niez tout ce qui est important pour moi. Que dois-je faire ?


Ranjit : Quand vous venez à moi avec le désir d'atteindre le vrai bonheur, vous êtes vous même, mais finalement vous vous laissez abuser par ce qui n'est pas. Quand vous choisissez de venir ici, vous devez oublier le monde. Dans la vie de tous les jours, vous pouvez continuez à jouer votre rôle, pas de problème. Dans une pièce de théâtre, vous jouez un rôle, mais cela ne signifie pas que vous êtes le personnage que vous incarnez. Vous n'êtes pas docteur [l'interlocuteur de Maharaj est un psychiatre] soyez-en sûr ! Peu importe l'étendue de votre savoir médical, vous ne savez rien car vous êtes en vérité au-delà de la connaissance et de l'ignorance. Quand vous rêvez durant votre sommeil, vous oubliez complètement qui vous êtes pour devenir quelqu'un d'autre. Considérez-vous ce rêve comme étant vrai ?

Question : Oui, le rêve m'apparaît alors comme étant le réel.

Ranjit : Dans un rêve, vous tuez quelqu'un, vous paniquez et lorsque la police frappe à votre porte vous vous réveillez. Avez-vous fait quoi que ce soit de mal ? Comprenez que l'état de veille n'est pas différent de l'état de rêve. C'est pour cette raison que vous allez à la rencontre du maître, pour comprendre, pour retrouver celui que vous avez oublié. Vous vous considérez comme un docteur, mais vous ne l'êtes pas. À votre réveil, vous oubliez que vous avez tué quelqu'un, vous êtes persuadé d'être innocent. Ce que vous expérimentez dans le rêve et hors du rêve ne vaut rien. Ayez le courage de l'affirmer. Pourquoi ressentir la peur ou la frustration ? C'est l'ignorance qui vous fait ressentir cela.

Question : Je comprends ce que vous dites, mais il s'agit seulement d'une compréhension intellectuelle.

Ranjit : Ca viendra. L'enfant va à l'école puis au lycée avant de passer ses diplômes. Ensuite il se targuera d'être docteur ou avocat. Mais ces diplômes n'ont aucune valeur. Ici vous devez passer le diplôme du "Qui suis-je ?". Mon maître Siddharameshwar disait toujours : "Connaissez la Réalité et vous connaîtrez le monde." La bible dit la même chose. Le Seigneur Krishna disait aussi : "Tant que vos ne vous connaissez pas vous-même, tout ce que vous ferez n'aura pas de sens." Votre compréhension se limite à la sphère intellectuelle car vous êtes trop attaché au monde.

Question : Je ne suis pas sûr d'aimer le monde.



 


Ranjit : Ne dites pas que vous n'êtes pas sûr, moi je dis que vous l'aimez. Le jour où vous ressentirez que le monde n'est pas vrai, vous aurez atteint la Réalité. Vous sans le vous. Pour le moment vous êtes encore un docteur. Vous venez d'Allemagne, non ? À une époque les politiques se querellaient pour savoir si Bombay appartenait au Maharastra ou au Gujarat. Mais qu'est que cela peut faire d'être Marathe ou Gujarat. Je m'en fiche. Je n'appartient à rien, ni à personne. Ne soyez rien, dès que vous choisissez d'être quelque chose, la peur vous accompagne.

Question : Je comprends. Je ne m'identifie pas vraiment à mon pays ou à ma profession, mais je reconnais que j'ai toujours des désirs. Désirs de plaisir, d'avoir des enfants et toutes ces choses.

Ranjit : Laissez les désirs. Ce sont les désirs du corps, pas les vôtres. Vous vous identifiez au corps et au mental. À cause de votre mental, vous vous considérez comme un docteur, sans cela vous seriez juste mon semblable.

Question : Que voulez-vous dire ?

Ranjit : Le mental s'anime, pas vous. Vous devez aller au-delà du mental pour atteindre la connaissance et au-delà de la connaissance pour atteindre le point zéro. Si vous considérez ensuite le zéro comme étant vrai, c'est à cause de l'ego et du pouvoir de l'illusion et cela vous devez le dépasser. Quand la compréhension surgit vous devez lui céder la place. Ce n'est pas votre corps qui est "vivant" c'est la connaissance qui l'habite. Votre corps se maintient en vie uniquement grâce à la connaissance. Mais même la connaissance a une fin… La connaissance est devenue si puissante que la seule solution pour en venir à bout est d'y apposer un zéro ! Très peu en sont capables, mais c'est mon devoir de vous montrer la voie. Vous n'êtes pas le corps, pas le mental, pas l'ignorance ni la connaissance. Au départ, le maître vous donne la connaissance, ensuite il vous en débarrassera. Vivez dans le monde, mais ne soyez pas touché par lui. Oubliez votre désir d'être ou de posséder, faites comme si vous dormiez. Essayez d'atteindre cet état zéro, ce total oubli. C'est cela votre travail maintenant. Ayez ce courage.

Question : D'accord, mais comment passer de la compréhension intellectuelle à la mise en pratique ?

Ranjit : Intellectuellement, vous comprenez, par exemple, qu'une bouteille contient du poison et si vous la buvez, c'est la mise en pratique. Soyez aussi pragmatique que cela. Il faut mettre en pratique et expérimenter l'illusion du monde. Vous prenez tout pour vrai et ensuite vous vous plaignez : "Je ne vous comprends pas Maharaj." Dites que c'est zéro, et tout disparaîtra. Si votre compréhension se limite à la sphère intellectuelle, c'est que vous n'avez rien compris. Le théorique doit devenir pratique. Nul besoin de rejeter quoi que ce soit. Sur cette tablette de marbre repose mon récipient à eau. Pourquoi devrais-je briser cette tablette sous prétexte qu'elle n'a pas de réalité ? Elle m'est très utile, il me suffit de dire qu'elle n'existe pas.

Pour un être réalisé tout est Brahman : sa femme, son fils et la chaise sur laquelle il est assis. Si tout est Brahman, pourquoi faire une différence ? Ce qui vient du zéro peut retourner au zéro à tout moment. Tout le monde comprend la théorie mais personne ne va au delà du zéro. Aux États-Unis quelqu'un m'a demander comment dépasser le zéro. Mais si le zéro n'existe pas que voulez-vous dépasser ? Une fois que vos avez déclarez qu'il n'y avait rien dans cette maison, vous l'avez compris. C'est cela mettre en pratique. Quelle peur vous empêche de reconnaître que zéro est zéro ? Je dis souvent : "Quel que soit votre nom, vous n'existez pas !" Pouvez-vous me montrer votre nom ? Vous pouvez vous appeler Dieu si vous voulez, mais Dieu lui-même ne peut démontrer qu'il est Dieu car Dieu n'est qu'un concept et n'a rien créé du tout. Ayez le courage d'affirmer : "Je suis le créateur du monde. La conscience-connaissance a créé le monde et cette conscience-connaissance c'est moi-même !" Parfois les événements ne se déroulent pas selon vos souhaits. Comme ce roi qui, dans un rêve devient un mendiant. Au matin, il est obligé de se pincer très fort car il ne sait plus trop ce qui relève du rêve ou de la réalité. Faites de même, Vous aussi, pincez-vous : demandez-vous qui vous êtes. Moi, au réveil je ne sais jamais où je suis, j'ai simplement tout oublié.

Question : Si je saisis bien, à mon réveil, je comprends que mon rêve n'est qu'un rêve. De même, à ma mort, je saurais que cette vie n'était rien d'autre qu'un écran de fumée. Et si jamais je reprends naissance, ma nouvelle vie ne vaudra pas plus que la précédente. Si j'observe mes pensée pendant cinq minutes, j'ai l'impression qu'elles ne m'appartiennent pas et je me sens un peu démuni, comme un orphelin.

Ranjit : Sans la compréhension vous resterez tel que vous êtes maintenant, mais que deviendra votre "je" après la compréhension ?

Question : Ce "je" ne veut pas s'en aller.

Ranjit : Ce "je" c'est l'ego, non ? Oubliez l'ego. Le maître met un zéro sur votre ego. Il a ce pouvoir. La connaissance c'est l'ego. Vous pouvez très bien passer d'une vie à une autre, mais c'est votre ego qui fait le lien entre toutes ces vies. Pourquoi voulez-vous prendre une autre vie ? Vous êtes au-delà de la naissance et de la mort. Vous êtes la Réalité. Qu'importe que vous soyez riche ou pauvre, le riche a seulement plus de crédit à vos yeux ! Jetez un billet de cent roupies à un chien, il vous dira : "C'est un os que je veux." Mais cet os qu'il désire est exsangue, il n'a même plus le goût du sang. Tant pis, le chien le mâchera jusqu'à s'en faire saigner les gencives. Il croit que le sang vient de l'os mais c'est son propre sang qu'il avale. Voilà ce que vous faites tous…

Dans les bhajans du matin, quand vous chantez le nom de Ram, cela signifie : "Je ne suis pas cela." Quelque soit votre nom vous n'êtes pas cela. Si vous arrêtez de vous identifier à votre nom, votre fonction, votre mental vous laissera tranquille. Vous n'êtes concerné ni par la naissance ni par la mort.

Question : Maharaj, je viens vous voir pour que vous me disiez que rien n'existe ?

Ranjit : Rien n'existe, mais vous existez. Vous ne le savez pas car vous êtes encore dans l'ignorance. Je ne vais pas rajouter de la confusion à votre ignorance comme le font parfois d'autres enseignants. Je ne vous dirais pas comme certains de faire ceci ou cela, je vous dirais simplement que vous êtes la Réalité, le pouvoir suprême. La suite dépend de vous... Si vous réussissez à poser un zéro sur tout ce qui vous entoure, alors vous atteindrez ce pouvoir. Qui peut atteindre ce pouvoir ? Celui qui ne se soucie pas plus de Dieu, que de l'illusion ou même de ses congénères. Il sait que personne n'existe. Si vous n'existez pas, pouvez-vous encore vous souciez des autres ? Les autres sont aux abonnés absents. Vous n'êtes que bulles à la surface de l'océan. Lorsque ces bulles éclatent, elles redeviennent océan, alors l'océan rit et les autres bulles pleurent. Vous n'êtes jamais né et jamais vous ne mourrez. Pourtant cloués à vos concepts vous craignez la mort et la renaissance.

L'enseignement du maître est si puissant que vous ne pouvez pas l'assimiler. On peut comparer le pouvoir du maître au lait d'une lionne qui ne peut être recueilli que dans un récipient en or. Un pot ordinaire se briserait au contact du précieux liquide. Les saints ont été des gens ordinaires avant de devenir saints. J'étais moi-même quelqu'un de quelconque avant de rencontrer mon maître. Il m'a transformé et m'a donné le pouvoir de transformer les autres. Ce qui n'est pas, n'est pas. Que se cache t-il derrière cet écran de fumée ? Si je vous demande : "Allez voir s'il y a quelqu'un dans la pièce d'à côté", vous répondrez : "Non, il y a personne !" Mais là, vous oubliez que vous y êtes vous-même.

Question : Maharaj, je suis vraiment satisfait comme je suis, pourquoi chercherais-je à atteindre un état supérieur ?

Ranjit : Pourquoi êtes-vous venu alors ? Rien ne vous oblige à venir.

Question : Je ne sais pas, j'ai juste lu le livre de votre maître mais je me rend compte que tous les sages ont une manière différente d'exposer cette Vérité, Osho, Ramana Maharshi préconisent chacun des voies différentes.

Ranjit : Languages et voies différent mais le sens profond n'est-il pas le même ? Connaissez-vous ce sens profond ? Non, mais vous vous déclarez satisfait. Si vous l'êtes vraiment pourquoi ouvrez-vous les yeux, pourquoi voir le monde ? Un homme heureux n'ouvre plus ses yeux, il n'en ressent plus le besoin. Vous n'êtes pas heureux. Vous êtes comme le millionnaire qui se dit comblé. Malgré tout, il manquera toujours quelque chose à son bonheur. C'est dans la nature du mental que de vouloir toujours plus. Le maître met un terme à cette fuite en avant et décapite votre mental. Si vous ne voulez rien, vous n'allez pas au bar ni chez le confiseur. Mais vous voulez quelque chose, vous voulez le bonheur et là le problème c'est que vous vous trompez de boutique et que vous allez au bar acheter des bonbons. Pour découvrir qui vous êtes vous devez frapper à la bonne porte. Mais vous ne savez pas ce que vous voulez. Interrogez donc votre mental, demandez lui : "Que veux-tu vraiment ?"

Question : Le mental ne veut pas de la souffrance, il cherche toujours le bonheur.

Ranjit : Et ce bonheur, l'obtient-il ? Cette quête du bonheur à tout prix, vous contraint à mendier comme l'histoire de ce pauvre hère qui tend la main à un passant pour cinq roupies. Le passant lui refuse, alors il en demandera 4, puis trois, puis deux, puis seulement cinq paisa [centimes] et finira par dire : "Si vous n'avez pas cinq paisa, c'est donc que vous êtes un mendiant tout comme moi, allons mendier ensemble." La mendicité est un joli business en Inde ! Un homme d'affaire peut gagner 20 000 ou 30 000 roupies par mois, il dira toujours que son business marche couci-couça pour ne pas attirer l'attention. Les personnes réalisées, elles ne se soucient de rien et moins elles s'inquiètent et plus leurs affaires prospèrent.

Rien n'est vrai, ayez le courage de l'accepter plutôt que de vouloir absolument prouver la réalité de ce qui n'est pas. Vos pensées sont toujours attirées par le zéro, mais savez-vous d'où viennent ces pensées ? Vos pensées sont comme vos rêves. Dans un rêve, vous êtes dans une complète ignorance et vous pouvez devenir roi ou assassin. Vous prenez parfois plaisir à rêver et lorsque votre femme vous reproche de dormir trop longtemps vous pestez contre elle : "Pourquoi me réveilles-tu, j'étais si bien", dites-vous. "Retourne à tes rêves" suggère t-elle. Malgré tout, vous ne pourrez pas reprendre votre rêve là où vous l'avez laissé car ce rêve n'a aucune existence. Vous persistez à prendre le néant pour la Réalité et la Réalité pour le néant. Votre mental se refuse à emprunter le chemin de la Réalité. Il peut devenir votre ami ou votre pire ennemi. Faites-vous en un allié et il s'effacera devant la Réalité. Mettez entre parenthèse votre sentiment d'exister au lieu de toujours tendre l'oreille aux perpétuelles tergiversations de votre mental. Imaginez un centenaire qui fête son anniversaire et qui commence à cogiter : "Que se passera-t-il si je meurs demain ?" Sa bonne humeur commence alors à se diluer dans les larmes et quand on lui demande : "Pourquoi pleurez-vous", il préfère éluder la question, honteux de craindre la mort. Oubliez tout. Comprendre que le zéro n'est pas, c'est déjà dépasser le zéro. Malheureusement, vous chérissez ce zéro et tout ce qui n'a pas d'existence.

Tout le monde tient à ses yeux et si vous souffrez de cataracte, vous n'hésitez pas à payer une petite fortune au médecin pour qu'il vous soigne. Pourtant à votre mort vous oublierez tout, y compris vos yeux et votre nez, tout ira au diable ! Faites la part des choses et comprenez qui vous êtes vraiment.

Sans la foi dans le maître, votre entreprise court à l'échec. Ce que dit le maître, ce qu'il fait est juste. Comment recevoir si vous ne voulez pas donner ? Si vous souhaitez vous faire un ami, vous accepterez de l'accompagner au bar, n'est-ce pas ? De même, il vous faudra au moins acheter le billet de loterie si vous voulez décrocher le gros lot. Le gros lot ici c'est de se comprendre soi-même et pour cela il faut miser sur le zéro. Ce n'est ni facile, ni difficile. Ce que mon propre maître m'a donné, vous pouvez l'obtenir sans rien faire. Ne faites rien, oubliez-vous ! Vous dites : "J'existe", j'affirme : "Vous n'existez pas !" Si vous n'existez pas, qui parle ? Moi-même, je ne parle pas ; je suis un menteur purement et simplement. Le corps est un imposteur.

Quand vous allez au cinéma, un petit panonceau vous indique la direction des toilettes. Si vous dites : "Non, c'est ici même que je veux uriner", personne ne viendra vous apporter l'urinoir. Pareillement, le maître vous donne la bonne direction alors que vous attendez qu'on vous apporte la Réalité sur un plateau. Aller d'abord sur place et vous atteindrez votre destination. Mais en fait pour se comprendre, cela ne prend pas de temps. Malgré tout, vous vous obstinez à préserver ce qui devrait être jeté, c'est-à-dire vous-même en tant qu'individu. Je persiste et signe : "Tout est zéro." Expérimenter le zéro, c'est le pari des audacieux. Tout est fonction du mental ; vous voulez connaître la Réalité, votre mental, lui ne veut pas.

Question : Nous voulons savoir et en même temps nous ne le voulons pas. Est-ce là notre responsabilité, celle du maître ou encore celle du maître et du disciple ?

Ranjit : Le maître n'a rien à faire car il sait qu'il n'est pas "un maître". C'est le disciple qui fait de lui un maître car il est en demande. Le maître, lui, ne veut rien. Quand il dit : "Tout le monde est Lui", il est inclu dans cette déclaration. Lui et le disciple sont "Un". Mais vous avez fait l'erreur d'oublier votre propre nature et vous demandez partout "Qui suis-je?". Que peut vous répondre le maître ?

Question : Mais vous dites souvent que seul le maître peut vous emmener au-delà du zéro. Ai-je mal entendu ?

Ranjit : Si vous voulez aller au-delà du zéro, je peux vous y emmener. Mais faites d'abord l'effort d'aller jusqu'au point zéro.

Question : Pourquoi ?

Ranjit : Parce que c'est votre choix d'accepter ou non l'aide du maître.

Question : Si je n'existe pas, comment puis-je choisir ?

Ranjit : Vous existez aujourd'hui en tant qu'entité, même si, in fine, cette entité est un zéro. Mais cette entité a plein de choix possibles.

Question : Vous dites en même temps que j'ai le choix et que je n'ai aucun choix. Comment sortir de cette contradiction ?

Ranjit : Si vous avez faim et en même temps envie de dormir, on pourra vous apporter les mets les plus fins vous direz simplement, "Ce que je veux, c'est dormir." Vous avez le choix, tout le monde a le choix. C'est aussi à cause de ce choix que vous êtes devenu la plus insignifiante des créatures.

Question : Vous dites que j'existe, puis que je n'existe pas. Je ne comprends pas.

Ranjit : Quel est votre nom ?

Question : Yogesh

Ranjit : Où est Yogesh, dites-le moi ?

Question : Je sais qu'il n'existe pas.

Ranjit : Il n'existe pas et cependant vous répondez, je m'appelle Yogesh. Les gens sont fiers d'annoncer : "Je suis monsieur ou madame Untel, Une telle, j'ai tel diplôme, etc." Vous faites étalage de vous même. C'est la nature du mental. Vous êtes comme Hanuman, le dieu singe qui symbolise le mental : il était si fier de sa queue [la chaîne des concepts] qu'il la souhaitait toujours plus longue. Si je demande le nom de tout ceux qui sont ici sans vous demander le vôtre, vous serez offensé. Mais si je ne vous le demande pas, c'est que je sais que fondamentalement vous n'avez pas de nom, malgré tout vous préféreriez que je m'intéresse à vous. La question des choix relève du mental, cela ne vous concerne pas. Ne mélangez pas tout.

Question : Le temps existe t-il ? Avons-nous le présent, le passé et l'avenir ?

Ranjit : Non, le temps n'existe pas. Le temps est zéro. Grâce au soleil vous pouvez compter l'alternance des jours et des nuits, mais le soleil, lui, ne compte pas. Vous calculez le temps à partir du soleil, mais ce soleil n'existe pas. Si votre base est fausse que vaut votre calcul ? Pour le dire autrement, cette tablette de marbre pourrait me fracasser le crâne mais si je la réduit en poussière, elle se volatilisera dans l'espace. Tout dépend du point de vue de votre mental, c'est aussi un choix d'envisager les choses sous un angle ou un autre. D'un côté, cette tablette vous brise la tête et de l'autre elle n'est que poussière et ne vous fera aucun mal. Mais dans tous les cas, elle ne peut blesser que votre corps et pas vous-même, en tant que Réalité. Vous ne pouvez pas tout comprendre aujourd'hui, il faut revenir ici plusieurs fois. Je suis désolé de dire cela mais la foi dans le maître est nécessaire à la compréhension. Si le maître dit : "Vous n'existez pas", dites en vous- même : "Je n'existe pas." Ne chercher pas à mourir bien sûr, mais comprenez que vous n'existez pas. C'est là toute la subtilité de mes propos, mais vous ne pouvez pas encore la saisir.

Question : La voie de la négation [neti-neti] est-elle comparable à celle qui consiste à se rappeler la Réalité ?

Ranjit : "Je ne suis ni ceci, ni cela" signifie : "Je suis Brahman." Mais même cela est faux. Comment pourriez-vous être Brahman ? Là où il n'y a plus rien, Brahman n'est plus. C'est comme lorsque vous dormez, tout disparaît, vous oubliez qui vous êtes, votre mental est éteint ; il ne reste que le souffle de votre respiration. Pendant le sommeil vous atteignez une forme subtile de connaissance, mais vous n'en êtes pas conscient, vous avez besoin du mental pour cela. Si un fils visite son père qui vient de mourir et dit : "Papa je suis là, je suis venu." Que répondra le père ? Rien ! À quoi bon vouloir lui parler, pourquoi s'inquiéter ? Au fond, vous n'avez jamais eu de père. Il y a un dicton qui dit que les gens s'intéressent plus à vous quand vous êtes mort. Vous avez pris l'habitude de vous identifier au corps, pourtant que devient le corps à votre mort ? Il devient zéro et n'a plus aucune valeur. Le corps est comme un ordinateur, il est très performant, mais quand il s'arrête de fonctionner personne ne peut le remettre en marche. Personne ne sait qui appuie sur le bouton marche / arrêt. Quand vous dites que c'est le fait de Dieu, c'est de chaitanya, le pouvoir dont vous parlez. Le pouvoir anime toute chose, sans lui impossible de mettre l'ordinateur en route. Je vous dit que tout est zéro mais vous persistez à prendre le faux pour vrai avec l'entêtement d'un ignorant. Votre mental peut vous emmener où vous voulez à condition de le faire travailler. Il faut entretenir la machine pour éviter qu'elle ne se rouille.

Mon maître m'a demandé d'enseigner pour transmettre la connaissance. J'ai commencé très tard, en 1983. Je ne voulais pas être un maître. Si vous choisissez d'enseigner, vous devez assumer la venue de beaucoup de gens, des gens qui ne comprendront pas forcement votre language. Mais c'est arrivé. Pourquoi vouloir devenir un maître ? C'est un job à plein temps ! Ne devenez pas un maître!

Question : J'ai lu Nisargadatta Maharaj et il affirme que la méditation est une méthode trop lente.

Ranjit : Ne pratiquez pas la médiation indéfiniment. Un jour choisissez d'arrêter la méditation et de rejoindre laya. laya signifie se laisser absorber par la Réalité. Cette absorption est indispensable. Quand vous méditez, vous êtes le méditant impliqué dans un processus qui a la méditation pour objet. C'est une triade : il y a l'objet, celui qui le perçoit et l'acte de le percevoir. Shankara disait que la Réalité est là quand la triade disparaît. De cet endroit vous ne pouvez rien dire, car vous n'êtes plus, la maison n'est plus habitée, qu'elle soit un palace ou un taudis. Ne vous inquiétez pas, soyez en dehors de la triade. Mais il faut du temps pour comprendre cela. Un jour n'est pas suffisant.

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