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RANJIT  MAHARAJ

JE  SUIS  EN  TOUT  ET  PARTOUT



Que règne la paix et l'amour parmi tous les êtres de l'univers. OM Shanti, Shanti, Shanti.



NTRODUCTION


Ranjit Maharaj est né à Bombay le 4 janvier 1913. Il avait 12 ans lorsqu'il rencontra son maître Siddharameshvar Maharaj, un grand maître inconnu de son temps. Il n'a commencé à enseigner qu'à l'âge de 70 ans, face au nombre croissant de chercheurs qui lui rendaient visite dans la petite pièce qu'il habitait au centre de Bombay. Il a quitté ce monde le 15 novembre 2000.

L'enseignement de Ranjit Maharaj se situe dans la continuité de celui de son maître Siddharameshvar Maharaj, et se distingue par sa simplicité et son aspect radical. Ranjit Maharaj s'exprime dans un langage clair et incisif. En utilisant des exemples de la vie quotidienne il rend la compréhension de notre véritable nature, la Réalité, accessible à tous.

L'enseignement de Ranjit Maharaj, à l'instar de celui de son maître, repose sur une transmission simple et directe de la connaissance : "Trouver votre véritable nature est la chose la plus facile qui soit car vous êtes cela", disait Siddharameshvar Maharaj. Ranjit Maharaj précise : "La philosophie est la chose la plus facile mais aussi la plus difficile pour la simple raison que vous ne l'acceptez pas. C'est toujours pour quelque chose qui n'existe pas que l'on doit faire des efforts."

La première étape de l'enseignement consiste à discerner le vrai du faux pour atteindre la connaissance de Soi. Pour trouver notre véritable nature, on doit procéder par élimination, c'est à dire rejeter les fausses identifications que l'on a endossées. Ce sont les voiles de l'ignorance qui peuvent être levés par la connaissance. Mais la connaissance doit ensuite se dissoudre dans la Réalité car elle n'est qu'un remède pour guérir de la maladie de l'illusion, de l'ignorance.

Ainsi quand l'ignorance a disparu, la connaissance elle-même n'a plus d'entité puisque dans la Réalité, il n'y a ni ignorance ni connaissance, et c'est Cela que nous sommes. L'enseignement de Ranjit Maharaj est radical dans le sens où il n'offre aucune méthode pour améliorer l'illusion puisqu'elle n'existe pas. Le processus consiste à se débarrasser de ce qui n'est pas. On doit tout d'abord se connaître comme étant la Source de la conscience, c'est à dire l'essence de toutes choses [sat-chit-ananda], mais si Maharaj nous dit : "Vous êtes le pouvoir," c'est pour mieux nous couper l'herbe sous les pieds par la suite : "ce pouvoir est aussi illusion". Il n'y a aucune contradiction dans ces deux affirmations mais simplement un souci de méthode qui consiste à rendre sa nature illimitée à ce qui se croit limité : "C'est parce que vous croyez être une petite créature qu'il faut tout d'abord vous rendre vaste et illimité : je suis le créateur du monde." Et Maharaj ajoute : "Le créateur de l'illusion est aussi illusion !", ce n'est pas la Réalité finale car ici une pointe d'êtreté [je suis] persiste toujours, alors que dans la Réalité, il n'y a pas d'êtreté. Maharaj nous donne alors l'arme qui nous permettra d'éviter le piège de la grande illusion de la connaissance [maha maya] : "Je n'existe pas." Quand je ne suis pas, seule la Réalité est.



Ainsi on ne peut pas connaître la Réalité, on peut seulement oublier le "je" alors, automatiquement Elle est, et c'est cela notre véritable nature.

Les mots ne peuvent jamais exprimer la gratitude du disciple envers son maître. C'est en voyant l'amour et la dévotion que Ranjit Maharaj porte à son maître que nous comprenons le sens de ses paroles : "Le plus grand jour de votre vie est celui où vous rencontrez votre maître, je l'ai vu et il m'a conquis."


"Ici, on doit se briser soi-même pour être la Réalité."

Question : Comment savoir si nous allons dans la bonne direction ? Les gens sont attirés par différentes voies, mais comment savoir laquelle nous convient le mieux ?

Ranjit : La bonne direction, c'est l'adresse que le maître vous donne. Quand vous essayez vraiment de comprendre, vous expérimentez ce que le maître dit. Votre propre mental vous y conduira, c'est lui qui vous dira si vous avez compris correctement ou pas.

Question : On le sait tout simplement ?

Ranjit : Oui ! Quand vous mangez, vous savez si vous en voulez davantage ou pas. De la même façon, dès que vous expérimentez ce que le maître dit, cela veut dire que vous avez compris correctement. Le mental a toujours tendance à papillonner, mais il vous conduira finalement au bon endroit. On peut dire que vous êtes sur la bonne voie lorsque vous acceptez que tout est illusion : le corps, le mental, et tout ce que vous voyez et percevez. Vous arrivez au point où vous vous comprenez vous-même. Mais en fait, qu'y a-t-il à comprendre, puisque vous êtes la Réalité ? Qui peut comprendre qui ? L'ignorance doit disparaître, c'est tout. L'ignorance, c'est être persuadé que tout est réel, que mon corps, mon mental et mon identité sont vrais. Cette ignorance est l'ego, et c'est lui que vous devez connaître. Dès que vous savez ce qu'il est, il disparaît. En fait il n'y a rien à chercher, car qui pourrait rechercher qui ?

Ainsi la base fondamentale, c'est que vous êtes la Réalité. C'est l'ego qui affirme : "Je suis ceci." Il ne vous quittera jamais, c'est à vous de le quitter. Si vous comprenez qu'il n'est qu'un concept, il n'aura plus aucune emprise sur vous, sinon, il continuera à dominer le mental. Vous vous plaignez de ne pas voir, mais vous ne mettez pas vos lunettes ! Mettez vos lunettes et vous verrez ! Le maître est là pour déraciner votre ego. Vous avez le pouvoir d'accepter ce qu'il dit sur le champ et de savoir ainsi que vous êtes le créateur du monde ! Eh oui ! À cause du corps vous êtes devenu une petite créature. Ne soyez pas si petit !

Question : On peut éviter d'être le créateur, n'est-ce pas ?

Ranjit : Au début il faut bien gonfler la baudruche de plus en plus, puisque vous en êtes arrivé à vous dire : "Je n'ai aucun pouvoir, je ne suis qu'un corps et un mental." Tout d'abord, vous devez abolir les limites, soyez illimité ! N'essayez pas de faire quelque chose. Quand vous dormez, vous ne faites rien, vous oubliez le monde, mais dans le rêve qui apparaît, de nombreuses choses surviennent. Qui est le créateur ici ? Personne. Une pensée surgit de l'ignorance et le rêve se déploie.

Vous affirmez que vous êtes l'auteur du rêve mais c'est faux, car le créateur n'a jamais existé. Le fils d'une femme stérile n'a jamais existé. Aussi, c'est simplement parce que vous vous êtes mentalement limité à être une petite créature, que vous devez d'abord ouvrir et amplifier votre pensée. Le maître brise vos limites, vous devenez de plus en plus vaste jusqu'à ce que vous soyez le tout. À ce point vous croyez être réalisé, vous êtes dans la béatitude. Mais là encore, le maître vous dit que vous n'avez rien compris, car rien n'est réel.

Question : Vous avez aussi dit que l'étape du sat-chit-ananda [être-conscience-félicité], pouvait être évitée.

Ranjit : Dans un premier temps vous devez "être", vous devez ouvrir votre esprit. Sat-chit-ananda est encore un concept, c'est vrai, mais c'est un concept très vaste, sans limites. La première chose à faire, c'est donc de comprendre : "Je ne suis pas cette petite créature." Mais le mental ne veut pas accepter d'emblée : "Je suis en tout et partout." C'est pour cela que vous devez devenir le créateur du monde et dire : "J'ai créé tout cela." Une particule de sel n'oserait jamais affirmer : "Je suis l'océan", pourtant elle devient l'océan quand elle se dissout. Ainsi la connaissance doit s'accroître jusqu'à ce que vous compreniez. Cependant, ici l'ego persiste encore puisque vous dites : "Je sais tout." Alors, le maître vous dit que vous ne savez rien, car même cette connaissance doit être oubliée, vous êtes toujours en train de rêver. Tant que le "je" est là, vous rêvez.

Le maître tranche votre ego, exactement comme vous tranchez un gâteau d'anniversaire. Chaque année vous dites que vous avez tel ou tel âge, mais le maître vous dit que vous n'êtes jamais né. Il ébranle l'assise de votre mental pour éliminer l'emprise du rêve. Mangez votre ego ! Vous devez tout d'abord atteindre la connaissance pour pouvoir la déraciner et la manger.

Question : Est-il nécessaire de passer par le processus que vous décrivez ou peut-on prendre un raccourci ?

Ranjit : Votre mental ne l'accepterait pas ! C'est là tout le problème, il n'accepte pas le fait que vous êtes la Réalité. Le sat-chit-ananda est en tout, c'est la graine d'origine. Sat veut dire être, chit signifie conscience et enfin, ananda est la félicité. Comprenez tout d'abord l'ignorance et vous parviendrez au sat-chit-ananda, qui n'est toutefois pas la compréhension ultime. Mais si vous voulez atteindre le quarantième étage, vous devez tout d'abord passer par le trente-neuvième. Même si vous connaissez la destination finale, vous devez passer par les étapes précédentes. Votre mental est soumis à l'ignorance ; il a peur de tout. Même un petit moustique vous fait peur. À cause de l'identification au corps et au mental vous êtes devenu si petit !

Le mental vous limite. Tout est illusion, mais pour vous tout est réel. Même le sat-chit-ananda est illusion, ce n'est qu'un concept, un concept qui a créé le monde. Si ce concept n'était pas apparu, il n'y aurait pas de rêve. Si aucune pensée ne surgit dans votre sommeil, le rêve ne se manifeste pas. Mais la condition pour rêver c'est de dormir, celui qui ne dort pas ne rêve pas. Pour que le rêve se manifeste il faut dormir, de même, le monde a été créé parce que vous vous êtes oublié. Si vous ne vous oubliez pas, il n'y a pas de création. C'est de cette façon que vous êtes le créateur du monde. Le monde entier n'est qu'un seul concept et ce concept c'est la connaissance. Tous les êtres sont pourvus de la connaissance, et même lorsque vous dites : "Je suis ignorant", c'est avec la connaissance que vous le dites. Vous ne pouvez atteindre la Réalité que si vous voyez ces deux faces : l'ignorance et la connaissance. Tous les êtres sont dans l'ignorance, même s'ils affirment être docteur, avocat ou n'importe quoi d'autre, ils ne font que s'agiter dans un rêve. Dans le sat-chit-ananda, vous devenez le créateur du monde, tout ce qui se passe est alors : "Mon choix, ma volonté."

Vous vous êtes oublié et le sat-chit-ananda a surgi, c'est le rêve originel. Mais un rêve est toujours un rêve. Dans un rêve, un roi peut devenir un mendiant, mais vous n'êtes en fait, ni l'un ni l'autre. Le créateur a donc créé le rien. "Je suis le créateur du zéro !" La Réalité est au-delà de tout cela. Il n'y a en fait ni créateur ni création, ce ne sont que des concepts. La connaissance et l'ignorance sont les deux faces d'une même pièce, mais la pièce n'est pas réelle, elle n'apparaît que lorsque le Soi est oublié.

Question : Comment avancer dans l'investigation du "je" et des "quatre corps" ?

Ranjit : C'est par la réflexion que vous pouvez avancer, car c'est justement par manque de réflexion que vous êtes devenu le corps. Par la compréhension vous devez prouver que vous n'êtes pas cela. Mais votre réflexion doit être profonde et soutenue car votre entourage vous maintient dans le cercle de l'ignorance. Le maître vous dit que vous êtes la Réalité et que ce que vous voyez n'est pas réel. Il vous offre la connaissance pour que vous puissiez comprendre. Alors, spontanément vous direz : "Je suis le créateur du monde." Certains sages s'arrêtent à ce niveau mais pour la compréhension finale vous devez aller plus loin. La connaissance est toute puissante, mais c'est encore un rêve, elle est en fait la plus grande des ignorances.

Question : Comment ne pas m'identifier au corps ?

Ranjit : Vous devez y réfléchir. Jusqu'à présent vous étiez convaincu de sa réalité, alors pour voir son irréalité, vous devez réfléchir profondément sur le sujet. Quand vous faites une erreur, vous devez la trouver pour la corriger. Allez-y, trouvez la faute ! Le maître explique les erreurs mais si vous continuez à en commettre, qui est responsable ? Vous vous êtes oublié et le monde s'est manifesté, que faire ? Toute chose vous touche et vous affecte, c'est ainsi que vous produisez le rêve... Comprenez-vous ?

Dans le sommeil, si une pensée devient objective [prend forme], le rêve apparaît, mais parfois une pensée fugitive vous effleure sans que vous ne soyez touché, elle ne prend pas forme, alors le rêve ne se manifeste pas. Vous n'êtes pas affecté par la pensée qui passe. C'est seulement quand vous êtes touché par le concept qui a surgi, que le rêve peut s'enclencher et se déployer ensuite. Vous devenez alors le "connaissant". Vous devez dire : "Je ne suis pas cela." La question se pose alors : "Qui êtes-vous ?" La conclusion qui s'imposera ensuite à vous est : "Je n'existe pas." Tant que le sat-chit-ananda est là, le corps fonctionne. Tant que la connaissance est là, vous devez agir en conséquence. Ceci s'applique aussi à l'être réalisé qui fonctionne de la même façon dans le monde. Si quelqu'un frappe à ma porte, il faut bien que je réponde, que je lui dise d'entrer ! Mais le saint est comme la fleur de lotus : elle vit dans l'eau mais n'est pas touchée par elle. Il sait que rien n'est vrai. Vous devez approfondir votre réflexion jusqu'à ce que votre mental devienne non-mental. Ensuite il n'y a plus à réfléchir à quoi que ce soit, tout est fini. Vous seul restez. "Être ou ne pas être, telle est la question", dit-on. Tout le monde vit dans le doute et l'hésitation : dois-je faire ceci ou plutôt cela ? La question subsiste tant que la connaissance est là. Mais si vous comprenez que la connaissance vient de l'ignorance, vous devrez alors vous en défaire. Le maître vous dit de l'oublier car elle n'est qu'un rêve. La connaissance et l'ignorance sont toutes deux un rêve. "Être ou ne pas être" reste une question tant que vous croyez en la réalité du rêve. La question n'a plus lieu d'être quand vous savez que le rêve n'est pas réel.

Quand vous cherchez votre chemin, vous rencontrez une personne qui vous indique une direction, puis quelqu'un d'autre vous montre une direction opposée, votre mental est alors dans le doute. Vous êtes dans la dualité. Que faire maintenant, prendre ce chemin ou bien l'autre ? D'un côté il y a le monde entier et de l'autre la Réalité ultime. Vous devez trancher par la compréhension. Tant que vous êtes lié à la connaissance, le dilemme "être ou ne pas être" persiste. Sinon, comment pourriez-vous même comprendre ? Tant que l'illusion persiste, vous devez penser à la Réalité mais s'il n'y a plus d'illusion, à quoi penserez-vous ? À quelle Réalité ? Ici, la Réalité et l'irréalité n'existent plus ni l'une ni l'autre. Sans une réflexion profonde, vous ne pourrez pas comprendre cela. Les gens disent : "Comprenez et soyez cela." Ne soyez pas un papillon qui virevolte ici et là. Par la réflexion, tout peut se dissoudre instantanément.

Question : J'ai bien compris que l'agitation mentale a des répercussions physiques et émotionnelles. J'ai fait l'expérience du lâcher-prise, quand plus rien ne se passe. Mais maintenant, vous parlez de quelque chose qui serait au-delà de ce "rien".

Ranjit : Oui c'est vrai car tout ce qui se passe, se passe dans un rêve. Alors pourquoi vous inquiéter, puisque ce n'est pas réel ? Si vous vous inquiétez, cela veut dire que vous prenez ce rêve pour la Réalité.

Question : Alors que reste-t-il quand tout s'effondre, quand il n'y a plus rien ?

Ranjit : Vous-même, vous vous maintenez, mais sans le "vous" ! Un rêve apparaît et dans ce rêve vous faites beaucoup de choses mais quand le rêve prend fin, vous êtes bien toujours là, n'est-ce pas ? C'est simplement un rêve qui apparaît, alors quel mal peut-il vous faire ? Vous ne faites rien, vous dormez. Si vous comprenez cela, ici dans l'état de veille, vous laisserez le rêve se dérouler puis s'éteindre, car vous savez que vous ne faites rien. Il n'y a alors plus de question à résoudre. Bien que j'agisse, je n'agis pas, cette compréhension doit éclore en vous. Dans le rêve vous semblez faire une multitude de choses, alors qu'en réalité vous ne faites rien puisque vous dormez. Si par exemple vous tuez quelqu'un dans un rêve, vous accuserez-vous de ce meurtre au réveil ? Vous l'avez pourtant expérimenté dans le rêve ! Quand vous vous réveillez tout devient zéro, néant. Le rêve, et tout ce qui s'y déroule, ne fait que passer, il ne se maintient pas. Quelle peut donc être la valeur d'une chose si éphémère ? Celui qui sait qu'en réalité il ne s'est rien passé, peut dire qu'il est le créateur du monde.

Quand vous vous réveillez, vous savez qu'il ne s'est rien passé, vous vivez alors dans ce monde avec cette compréhension. Tant que le corps est là, j'agis mais je n'agis pas, je mange mais je ne mange pas. C'est le corps ou le mental qui mange, mais moi je ne mange pas ! Souvenez-vous de l'histoire de cet homme qui avait raconté à sa femme le festin qu'il avait fait en rêve. Sa femme lui avait répliqué : "Puisque tu viens de manger, je n'ai pas besoin de cuisiner aujourd'hui." Mais le mari, qui restait sur sa faim, ne l'entendait pas ainsi et se mit à protester : "Si, si, j'ai faim !" Comme cet exemple l'illustre, tout ce que vous faites dans le monde n'a aucune valeur. Si vous êtes concerné par ce qui s'y passe, votre mental est affecté. Pourquoi être concerné par le corps et le mental ? Dès que vous dites : "Je fais", vous devenez la plus petite des créatures ! Si vous comprenez ce que le maître dit, vous direz alors tout naturellement : "Ce n'est pas réel."

Continuez donc à accroître la connaissance en vous, gonflez la baudruche pour qu'elle devienne de plus en plus grosse, mais sachez que ce qui vient de l'ignorance, c'est à dire la connaissance, ne peut être réel. Le mental vous fera atteindre ce point de compréhension et ensuite disparaîtra. Une fois que vous avez atteint le but, vous n'avez plus besoin de comprendre quoi que ce soit. Vous êtes au quarantième étage, qu'y a t-il à comprendre maintenant ?

Question : Nous sommes à la fois tout et rien, est-ce correct de dire cela ?

Ranjit : Oui, oui... Dites tout d'abord : "Je suis tout", puis dites : "Je ne suis rien, et je ne fais rien." Vous ne pouvez pas dire que vous êtes au quarantième étage si vous n'avez pas franchi le trente-neuvième. Quand vous atteignez le quarantième, il n'y a plus rien à accomplir. Là vous comprenez que rien n'est vrai, et c'est alors que le "je" disparaît.

Question : Que voulez-vous dire exactement par "Être le créateur" ?

Ranjit : Vous et le monde n'êtes qu'un, dans le sens où la connaissance a créé le monde. Si vous jetez une particule de sel dans l'océan, elle devient l'océan entier en une fraction de seconde. C'est pour déraciner la pensée de n'être que ce corps que vous devez dire : "Je suis le créateur du monde." Tout s'est manifesté à partir de la connaissance, la connaissance est donc le créateur. Mais celui qui crée l'illusion ne peut pas être réel, il est aussi illusion. Dans un premier temps, vous devez quand même dire : "J'ai créé." Quand vous vous réveillez du rêve, vous dites : "J'ai fait un rêve." Vous ne l'oubliez pas mais ce n'est pourtant qu'un rêve. Vous devez dire cela pour pouvoir sortir du rêve. Au réveil vous dites : "Ce n'est pas réel", mais avant d'arriver à cette conclusion, vous le considériez comme vrai. Ainsi, tout d'abord vous dites oui, la connaissance jaillit, puis vous dites non. C'est-là le sens de : "Être ou ne pas être." D'abord vous dites oui, puis vous devez dire non. Le mental doit devenir subtil, sinon il est encombré de questions.

Dans une pièce de théâtre, un homme peut jouer un double rôle et être tour à tour le héros ou le bandit, tourmenter l'héroïne, puis la cajoler ensuite. Qui fait cela ? Lequel des rôles est vrai ? Il est question de dualité maintenant, mais en fait il ne s'agit que d'une seule et même personne. Quand vous êtes dans la dualité, vous devez agir en conséquence. La dualité n'est rien d'autre que votre propre rôle. Tout le monde est moi-même. Toutes les bulles qui apparaissent à la surface de l'océan ne sont rien d'autre que l'océan. Que se passe-t-il quand elles éclatent ? Elles deviennent l'océan

Ici, on doit se briser soi-même pour être la Réalité. Alors il n'y a plus personne et l'unité emplit le mental. Bon ou mauvais, tout le monde est moi-même. Vous devez avoir un courage à toute épreuve pour comprendre. L'acteur est un, mais il joue un double rôle. Est-il bon ou mauvais ? Il n'est ni l'un ni l'autre, il est différent de tout cela. Il dit : "J'ai endossé un rôle et je l'ai joué. Quand je suis dans le rôle du bandit, je joue en conséquence, et je fais de même quand il s'agit du rôle du héros." C'est pareil ici, vous jouez un double rôle, mais les gens ont peur de comprendre, ils se disent : "Comment cela est-il possible ?" Par exemple, si vous tuez quelqu'un dans un rêve, au réveil vous dites : "Je n'ai tué personne." Cependant, ce réveil est encore un rêve. C'est un rêve dans le rêve du créateur, dans lequel vous et lui êtes unis et confondus. Vous avez tué quelqu'un mais vous devez comprendre que vous n'avez tué personne. Vous agissez, mais dites : "Je ne fais rien."

Tous les gens qui sont présents ici ont des noms différents. Si vous supprimez les noms, ils ne sont plus qu'un, n'est-ce pas ? Quand il n'y a plus de noms pour différencier, il n'y a que l'unité. Un père qui a quatre enfants est pourtant obligé de donner un noms à chacun pour éviter la confusion. Les noms ne sont donnés que par commodité. C'est le corps et le mental qui font toutes ces choses mais vous, vous ne faites rien. Le monde est le résultat de la connexion de deux fils, l'un positif, l'autre négatif. Dans le sommeil tout disparaît et au réveil le monde apparaît. Il y a une déconnexion totale quand le corps meurt, vous ne pouvez plus alors revoir le monde. Mais ce monde est votre concept, c'est en ce sens que je dis et répète que vous êtes le créateur du monde. Soyez le créateur et vous comprendrez ; le monde s'effacera alors automatiquement et vous en serez libéré.

Vous devez éliminer le doute en vous car il est ignorance. L'électricité ne sait pas qu'elle donne la lumière, de même la Réalité finale n'a ni connaissance ni ignorance. Quand la déconnexion se produit, tout disparaît. Disparu où ? Ce qui n'a jamais existé a disparu... Si vous touchez l'électricité vous mourez, mais si vous touchez la connaissance, c'est elle qui disparaît. Autrement dit, si vous comprenez ce qu'est la connaissance, elle disparaît automatiquement. Ni la connaissance ni l'ignorance ne sont réelles. Ma véritable nature est sans ignorance et sans connaissance. Laissez les pensées apparaître, mais sachez simplement : "Je n'ai pas de pensées." Mourez à vous-même puis, vivez !

Question : Ce matin, vous avez dit : "Devenez  Lui, le maître-Réalité, et ensuite immergez-vous dans la dévotion." Devons-nous nous adonner à la prière et pratiquer les chants de dévotion ici uniquement en votre présence, ou aussi quand nous rentrerons chez nous ? En fait, quelle valeur a notre dévotion actuellement si nous pratiquons seuls chez nous ?

Ranjit : C'est comme si vous me demandiez : "Quand je serai chez moi devrai-je manger ou pas ?" Cette question n'a pas lieu d'être. Vous pouvez écouter un enregistrement des bhajans et chanter en vous aidant du livre. Vous n'avez pas besoin d'être réalisé pour louer votre maître avec dévotion. Le maître vous offre la connaissance, comment ne pas lui en être reconnaissant ? C'est l'ego qui vous empêche d'avoir de la dévotion et qui vous fait dire : "Je suis grand et puissant maintenant, pourquoi devrais-je avoir de la vénération pour quiconque ?" L'ego est la chose la plus misérable qui soit, il envahit votre mental à la première occasion. Il est vrai qu'il y a une différence entre la dévotion accompagnée de la compréhension et celle qui est pratiquée sans compréhension. Un étudiant peut devenir professeur, et peut-être même surpasser son maître, mais il garde malgré tout de la reconnaissance et du respect pour celui qui lui a donné la connaissance. Tant que le corps est là, vous devez vous plier à un certain nombre de choses. Si quelqu'un frappe à votre porte, vous devez lui dire : "Entrez, je vous prie." Alors pourquoi ne pas vénérer celui qui vous a donné cette compréhension ?

Question : Il y a une multitude de façons d'exprimer sa dévotion qui ne sont pas dans le cadre d'un rituel ou des chants de louanges [bhajans], n'est-ce pas ?

Ranjit : Comme quoi, par exemple ?

Question : Vous pouvez penser à votre maître et lui être reconnaissant sans chanter les bhajans.

Ranjit : C'est l'ego !

Question : En êtes-vous sûr ?

Ranjit : Vous pouvez le faire à votre manière, je ne dis pas non. Mais si vous dites : "Pourquoi devrais-je avoir de la dévotion ?", il s'agit là de l'ego. Vous mangez et vous buvez, c'est naturel, mais vénérer est tout aussi naturel. Bien sûr, il ne s'agit pas d'en faire étalage, vous le faites simplement parce que vous avez foi en votre maître. Vous avez besoin de vous souvenir de ce que le maître a dit, de maintenir le contact. Loin des yeux, loin du cœur dit-on. Vous et le maître n'êtes qu'un, mais tant que vous êtes dans le corps, vous devez le vénérer. Si la foi que vous avez dans votre maître est sans faille, il vous conduira à la Réalité. Le maître est partout, il n'est jamais séparé de vous. Vous et lui êtes Un.

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