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RAMANA  MAHARSHI

LA  RECHERCHE  DE  SOI - MÊME



Que règne la paix et l'amour parmi tous les êtres de l'univers. OM Shanti, Shanti, Shanti.

"La seule recherche aboutissant à la réalisation de Soi
consiste à rechercher la Source du mot "je"."



AMANA  :  Pour l'apaisement et la retombée du mental, il n'est pas de moyen plus efficace que la recherche de Soi-même. Même si le mental se calme par d'autres moyens, ceux-ci ne l'immobilisent qu'en apparence ; il se lèvera à nouveau.


C'est la méthode directe. Toutes les autres se pratiquent en conservant l'ego, si bien que nombre de doutes apparaissent et, à la fin, reste toujours à aborder la question ultime. Mais, dans cette méthode, la question finale est l'unique question, laquelle est posée dès le tout début.

La recherche de Soi-même mène directement à la réalisation de Soi en ôtant les obstacles qui vous font croire que le Soi n'est pas déjà réalisé.

La méditation requiert un objet sur lequel méditer, tandis que, dans la recherche de Soi-même, il n'y a que le sujet et pas d'objet. C'est ce qui les différencie.

Question : Pourquoi faudrait-il considérer la recherche de Soi-même comme la seule voie menant directement à la réalisation ?

Ramana : Parce que, hormis la recherche de Soi-même, tous les chemins présupposent la rétention du mental, en tant qu'instrument indispensable pour suivre la voie, laquelle ne peut être suivie sans le mental. L'ego peut prendre des formes diverses et plus subtiles à différents stades de la pratique, mais il n'est jamais détruit. Toute tentative de détruire l'ego – ou mental – par des méthodes autres que la recherche de Soi fait penser à un voleur qui se change en gendarme pour attraper le voleur qu'il est lui-même. La recherche de Soi-même est la seule à révéler la vérité selon laquelle ni l'ego ni le mental n'existent vraiment, et à nous permettre de réaliser le pur Être indifférencié du Soi, ou de l'Absolu.

Demander au mental de tuer le mental revient à faire du voleur le gendarme. Il vous accompagnera, vous fera croire qu'il attrape le voleur, mais en fait on reviendra bredouille. Vous devez donc vous tourner au-dedans, découvrir où le mental prend son origine, et alors il cessera d'exister.


Bien sûr, nous nous servons du mental. Il est bien connu et admis que le mental ne peut être tué qu'avec l'aide du mental. Mais, au lieu de commencer par vous dire : "Il y a un mental et je veux le tuer", entreprenez d'abord de rechercher sa Source, et vous découvrirez alors qu'il est dénué de toute existence. Tourné vers le dehors, le mental se manifeste sous la forme de pensées et d'objets. Une fois tourné au-dedans, il devient lui-même le Soi.

Une enquête assidue quant à la nature du mental permet à celui-ci de se changer en Cela que "je" signifie ; et qui, en fait, est le Soi. Pour assurer son existence, le mental doit nécessairement avoir recours à quelque chose de grossier ; il ne subsiste jamais par lui-même. C'est au mental qu'on donne aussi les noms de corps subtil, d'ego, de jiva ou d'âme.

Ce qui apparaît dans le corps physique en tant que "je" est le mental. Si l'on cherche à savoir d'où naît en premier lieu la pensée-"je" dans le corps, on s'aperçoit qu'elle émane de hrdayam ou Cœur. Celui-ci est la Source et la demeure du mental. Ou encore, même si on se répète simplement de façon continue "je-je" en son for intérieur, en attelant le mental totalement à cette tâche, cela conduit également à la même Source.

La première et la principale de toutes les pensées qui surgissent dans le mental est la pensée-"je" primitive. Ce n'est qu'après la naissance, ou origine, de la pensée-"je" que les autres pensées innombrables voient le jour. Autrement dit, ce n'est qu'après l'émergence du premier pronom personnel "je" que les deuxième et troisième pronoms personnels [tu, il, etc.] se présentent au mental ; et ils ne peuvent subsister sans lui.

Etant donné que nulle autre pensée ne peut se présenter avant l'avènement de la pensée-"je", et que le mental n'est qu'une somme de pensées, ce n'est que grâce à la question "Qui suis-je ?" que le mental s'apaise et disparaît. Qui plus est, la pensée-"je" intégrale – implicite dans pareille interrogation –, ayant détruit toutes les autres pensées, se trouve elle-même finalement détruite ou consumée, ainsi que le bâton qui sert à activer le feu du bûcher funéraire se voit lui-même dévoré par les flammes.

Quand, de toute façon, le mental – ou ego – doit être abandonné, pourquoi perdre du temps à l'analyser ?

Rechercher : "Qui suis-je, moi qui suis en esclavage ?" et connaître ainsi sa vraie nature est la seule Délivrance. Garder le mental constamment tourné au-dedans et demeurer ainsi au sein du Soi est la seule recherche de Soi-même. De même qu'il est futile d'examiner les déchets qu'on balaie, lesquels finiront forcément à la poubelle, il est tout aussi futile – pour qui cherche à connaître le Soi – de tenter d'énumérer les tattva qui enveloppent le Soi et de les examiner, au lieu de s'en défaire. En ce qui le concerne, le chercheur devrait considérer le monde phénoménal comme un simple rêve.

Question : D'autres pensées surgissent, avec plus de force, lorsqu'on tente de méditer.

Ramana : Oui, toutes sortes de pensées surgissent en méditation. Il en est forcément ainsi, car tout ce qui gît caché au fond de vous-même ressort. Si ces choses ne remontent pas à la surface, comment les détruire ?

Les pensées surgissent spontanément pour disparaître en temps voulu et ainsi renforcer le mental.

Question : Quand je me concentre, toutes sortes de pensées jaillissent et me perturbent. Plus je fais des efforts et plus elles rappliquent en nombre. Que faire ?

Ramana : Oui, c'est effectivement ce qui se passe. Tout ce qui est enfoui au-dedans essaie de ressortir. Il n'existe qu'une solution : arrêter net le mental à chaque fois qu'il veut s'égarer et le fixer dans le Soi.

Question : Bhagavan a souvent dit qu'il faut rejeter les autres pensées quand on s'engage dans la quête ; mais les pensées sont innombrables. Si l'une est écartée, une autre accourt aussitôt et on n'en voit pas la fin.

Ramana : Je ne dis pas que vous devez consacrer toute votre énergie à rejeter les pensées. Si vous vous accrochez à vous-même, à la pensée-"je", et maintenez votre attention sur cette pensée unique, les autres se trouveront rejetées et disparaîtront d'elles-mêmes.

Question : Quand je pense "Qui suis-je ?", m'arrive la réponse suivante : Je ne suis pas ce corps mortel, mais la conscience ou le Soi. Et, alors, surgit aussitôt une autre pensée. Pourquoi le Soi devient-il manifeste ? En d'autres termes : "Pourquoi Dieu a-t-il créé le monde ?"

Ramana : En fait, la demande "Qui suis-je ?" a pour but d'essayer de trouver la Source de l'ego ou de la pensée-"je". Vous ne devez pas occuper le mental avec d'autres pensées, comme, par exemple : "Je ne suis pas le corps". La recherche de la Source du "je" sert à se débarrasser de toute autre pensée. Vous ne devriez nourrir aucune des pensées dont vous faites état, mais vous fixer sur la recherche de la Source de la pensée-"je" en vous demandant, quand surgit toute autre pensée, à qui cette pensée se présente ; et si la réponse est "à moi", vous reprenez alors l'investigation : "Quel est ce "je", et quelle est sa Source ?"

Question : Qui suis-je ? Comment trouver la réponse ?

Ramana : Posez-vous la question. Le corps et ses fonctions ne sont pas "je". Plus profondément, le mental et ses fonctions ne sont pas "je". L'étape suivante amène à se demander : " D'où s'élèvent ces pensées ? " Qu'elles soient spontanées, superficielles ou analytiques, les pensées opèrent dans le mental. Alors, qui a conscience d'elles ? L'existence des pensées, leur claire perception et leur fonctionnement deviennent évidents à l'individu. Cette analyse vous amène à la conclusion que la personnalité individuelle a pour fonction de connaître l'existence des pensées et leurs enchaînements. Cette personnalité individuelle est l'ego, ou, comme disent les gens, "je". L'intellect n'est que l'enveloppe du "je", et non le "je" lui-même. En poussant plus avant la recherche, se posent les questions suivantes : Quel est ce "je" ? D'où vient-il ? "Je" n'était pas conscient dans le sommeil. À l'instant même où il surgit, le sommeil se change en rêve et en veille. Mais, pour le moment, je ne m'occupe pas de l'état de rêve. Qui suis-je maintenant, à l'état de veille ? Si "je" a eu son origine au sortir du sommeil, il était donc alors recouvert d'ignorance. Un "je" aussi ignorant ne peut être ce dont parlent les Ecritures ou ce qu'affirment les sages : "je" suis au-delà même du sommeil ; " je " suis forcément ici et maintenant, ainsi que ce que j'étais aussi tout le temps du sommeil et du rêve, inchangé par les qualités de ces états. "Je" dois donc être le pur substrat sous-jacent à ces trois états [veille, rêve, sommeil], une fois transcendé anandamayakosha.

Question : Nous sommes attirées par la spiritualité depuis l'enfance. Nous avons lu plusieurs livres qui traitent de philosophie et le Vedanta nous intéresse. Nous avons donc lu les Upanishad, le Yoga Vasishtha, la Bhagavad Gita, etc. Nous essayons de méditer, mais ne constatons aucun progrès. Nous ne comprenons pas comment il faut s'y prendre pour obtenir des résultats. Pouvez-vous avoir l'obligeance de nous guider vers la réalisation ?

Ramana : Comment méditez-vous ?

Question : Je commence par me demander " Qui suis-je ? " et j'élimine le corps comme n'étant pas "je", la respiration comme n'étant pas "je", le mental comme n'étant pas "je", mais je suis incapable d'aller plus loin.

Ramana : Eh bien, tout ceci est normal dans la mesure où votre démarche relève du mental. Vous utilisez un procédé purement mental. En fait, tous les textes sacrés ne mentionnent cette méthode que pour orienter le chercheur vers la Vérité. Celle-ci ne peut être indiquée tout de go ; c'est pourquoi on utilise ce procédé mental. Voyez-vous, celui qui élimine le " pas-je " ne peut éliminer le "je". Pour affirmer " Je ne suis pas ceci ", ou bien " Je suis Cela ", le "je" est absolument indispensable. Ce "je" n'est que l'ego ou la pensée-"je". Une fois que s'est élevée cette pensée-"je", les autres pensées surgissent à leur tour. La pensée-"je" est donc la pensée racine. Si on arrache la racine, tout le reste est arraché en même temps. Par conséquent, cherchez la racine "je". Demandez-vous : " Qui suis-je ? " ; découvrez la Source du "je". Alors tous ces problèmes disparaîtront et, seul, demeurera le pur Soi.

Question : Mais comment procéder ?

Ramana : Le "je" est toujours là, que ce soit dans le profond sommeil, dans le rêve, où à l'état de veille. Celui qui dort est le même que celui qui parle à présent. Il y a toujours le sentiment du "je". S'il n'en était pas ainsi, il vous faudrait nier votre propre existence. Mais vous ne le faites pas. Vous dites : " Je suis. " Trouvez qui est.

Question : Je ne comprends toujours pas. Vous dites que le "je" est maintenant le faux "je". Que dois-je faire pour éliminer ce faux "je" ?

Ramana : Vous n'avez besoin d'éliminer aucun "je". Comment " je " peut-il s'éliminer lui-même ? Tout ce qu'il vous faut faire, c'est rechercher son origine, et vous y maintenir. Votre effort ne peut aller au-delà. Et, alors, l'Au-delà se chargera de lui-même. Dans cette région, vous n'êtes pas en mesure d'agir. Aucun effort ne peut L'atteindre.

Question : Si "je" suis toujours – ici et maintenant –, pourquoi n'en ai-je pas le sentiment ?

Ramana : Qui dit que vous n'éprouvez pas cette impression ? Est-ce le "je" réel, ou le faux "je" ? Posez-vous la question et vous verrez que c'est le faux "je". Le faux "je" constitue l'obstacle qu'il faut enlever de façon à ce que le véritable "je" cesse d'être caché. Le sentiment " Je n'ai pas réalisé " est l'obstacle à la réalisation. En fait, il est déjà réalisé. Il n'y a rien de plus à réaliser. Si tel était le cas, la réalisation représenterait quelque chose de nouveau, inexistant à ce jour, mais devant advenir dans le futur ; mais tout ce qui est né mourra également. Si la réalisation n'est pas éternelle, elle n'en vaut pas la peine. Ce que nous recherchons n'est donc pas quelque chose qui doit commencer à exister, mais seulement ce qui est éternel et nous est voilé par des obstacles. Nous n'avons qu'à nous débarrasser des entraves. Ce qui est éternel n'est pas reconnu comme tel à cause de l'ignorance. L'ignorance est l'obstacle. Débarrassez-vous-en et tout sera parfait. Cette ignorance est identique à la pensée-"je". Trouvez sa Source et tout disparaîtra.

La pensée-"je" est tel un esprit qui, bien que subtil, s'élève simultanément avec le corps, s'épanouit avec lui et disparaît en même temps. La conscience du corps n'est pas le bon "je". Renoncez-y. Vous pouvez y parvenir en cherchant la Source du "je". Le corps ne dit pas : " Je suis ". C'est vous qui dites : " Je suis le corps ". Découvrez qui est ce "je". Recherchez sa Source et il disparaîtra.

Question : Alors, on connaîtra la félicité ?

Ramana : La félicité est contemporaine de la conscience d'Être. Tous les débats relatifs à l'Être éternel concernent également la Félicité éternelle. Votre nature est Félicité. À présent, l'ignorance dissimule la Félicité, mais il vous suffit d'enlever l'ignorance pour libérer la Félicité.

Question : Ne faut-il pas trouver l'ultime réalité du monde en tant qu'individu et Dieu ?

Ramana : Voilà des conceptions du "je". Elles ne prennent corps qu'après l'avènement de la pensée-"je". Pensiez-vous à des choses pareilles dans le profond sommeil ? Pourtant, vous existiez en plein sommeil, et le même " vous " s'exprime maintenant. Si elles étaient réelles, n'existeraient-elles pas aussi pendant votre sommeil ? Elles sont tributaires de la pensée-"je". À nouveau, le monde vous dit-il : "Je suis le monde" ? Le corps affirme-t-il : "Je suis le corps" ? C'est vous qui dites : " C'est le monde ", " C'est le corps ", et ainsi de suite. Ce ne sont donc là que vos conceptions. La découverte de votre vraie nature met fin à tous les doutes.

Question : Qu'advient-il du corps après la réalisation ? Continue-t-il à exister ou non ? Nous voyons des êtres réalisés accomplir des actions comme tout un chacun.

Ramana : Cette question est sans objet pour le moment. Vous pourrez toujours vous la poser après la réalisation, si vous en éprouvez alors le besoin. Quant aux êtres réalisés, laissez-les donc tranquilles. Pourquoi vous tracasser à leur sujet ? En fait, après la réalisation, ni le corps ni rien d'autre n'apparaîtra différent du Soi.

Question : Si nous sommes toujours être-conscience-félicité, pourquoi Dieu nous plonge-t-Il dans des épreuves ? Pourquoi nous a-t-Il créés ?

Ramana : Dieu vient-Il vous dire qu'Il vous a plongée dans des épreuves ? C'est vous qui le dites. Une fois de plus, c'est le faux "je". S'il disparaît, il n'y aura plus personne pour affirmer que Dieu a créé ceci ou cela. Cela qui est ne dit même pas : "Je suis." Car le moindre doute se présente-t-il que "je ne sois pas" ? Ce n'est qu'au cas où on se prendrait pour une vache ou un zébu qu'il faudrait se rappeler qu'on n'est pas un animal, mais un homme ; mais ça n'arrive jamais. Il en va de même pour notre propre existence et notre réalisation.

Quand le mental sonde sans cesse sa propre nature, il apparaît qu'il n'y a rien de tel que le mental. Telle est la voie directe pour tous.

Le mental n'est que pensées. De toutes les pensées, la pensée-"je" est la racine. Le mental n'est donc que la pensée-"je". D'où cette pensée-"je" s'élève-t-elle ? Cherchez-le au-dedans ; alors, elle disparaît. Ceci est la poursuite de la sagesse. Là où le "je" disparaît, apparaît aussitôt de soi-même un "je-je". C'est l'Infini.

Si l'ego est, tout le reste est aussi. Si l'ego n'est pas, rien d'autre n'est. L'ego est bien tout. Par conséquent, rechercher ce qu'est l'ego est la seule façon de renoncer à tout.

L'état de non-émergence du "je" est l'état d'être Cela. Si on ne recherche pas cet état de non-émergence du "je", et si on ne l'atteint pas, comment peut-on accomplir sa propre extinction de laquelle le "je" ne revit pas ? Sans pareil aboutissement, comment est-il possible de s'établir dans son état véritable, où l'on est Cela ?

Ainsi qu'un homme plongerait afin de récupérer un objet tombé dans l'eau, on devrait plonger en soi, le mental aiguisé tendu vers un seul objectif, en contrôlant paroles et souffle, et trouver le lieu d'origine du "je". La seule recherche aboutissant à la réalisation de Soi consiste à rechercher la Source du mot "je". La méditation sur "je ne suis pas ceci ; je suis cela" peut aider la recherche, mais ne peut être la recherche proprement dite. Si l'on recherche "Qui suis-je ?" dans le mental, le "je" individuel s'effondre, confus, dès qu'on atteint le Cœur, et la Réalité se manifeste aussitôt spontanément en tant que "je-je". Bien qu'elle se révèle en tant que "je", ce n'est pas l'ego, mais l'Être parfait, le Soi absolu.

Les notions de servitude et de délivrance sont simples modifications du mental. Elles ne possèdent pas de réalité propre et ne peuvent donc fonctionner d'elles-mêmes. Puisqu'elles sont modifications de quelque chose d'autre, il doit y avoir une entité [indépendante d'elles] qui leur tient lieu de Source commune et de soutien. Si donc on enquête sur cette Source afin de savoir à qui s'appliquent servitude ou délivrance, on s'apercevra qu'elles me concernent, "moi", c'est-à-dire soi-même. Si, alors, on tente sincèrement de répondre à la question "Qui suis-je ?", on verra qu'il n'y a rien de tel que "je" ou "moi". Cela qui demeure quand on s'aperçoit que le "je" n'existe pas, est réalisé d'éclatante et indubitable façon comme générant sa propre lumière et subsistant simplement de lui-même. Cette saisissante réalisation, vécue comme expérience directe et immédiate de la suprême Vérité, n'a rien d'exceptionnel. Elle vient très naturellement à quiconque – sans changer quoi que ce soit à ce qu'il est – recherche au-dedans de soi-même sans laisser le mental s'extérioriser un seul instant ni gaspiller son temps en vaines paroles. Il n'y a donc pas le moindre doute quant à la conclusion parfaitement documentée que ceux qui ont atteint cette réalisation, et demeurent ainsi établis dans une identité absolue avec le Soi, ne connaissent ni servitude ni délivrance.

Le Soi est pure conscience. Pourtant, un homme s'identifie au corps qui, dénué d'intelligence et de sensibilité, n'affirme pas lui-même : "Je suis le corps." C'est quelqu'un d'autre qui le dit. Pas le Soi illimité. Qui affirme une chose pareille ? Un faux "je" s'élève entre la pure conscience et le corps qui ne sait rien et ce "je", s'imagine être limité au corps. Recherchez-le et il s'évanouit tel un fantôme. Le fantôme est l'ego, ou mental, ou personnalité. Toutes les Ecritures sont fondées sur l'avènement de ce fantôme et ont pour but de l'éliminer. L'état présent est pure illusion. Sa dissolution est le but et rien d'autre.

Question : Que faire pour réaliser le Soi ?

Ramana : Le Soi de qui ? Trouvez-le.

Question : Le mien ; mais qui suis-je ?

Ramana : À vous de le trouver.

Question : Je ne sais pas.

Ramana : Vous n'avez qu'à réfléchir à la question suivante. Qui est celui qui dit : "Je ne sais pas" ? Qui est le "je" dans votre affirmation ? Qu'est-ce qui n'est pas connu ?

Question : Quelqu'un ou quelque chose en moi.

Ramana : Qui est ce quelqu'un ? À l'intérieur de qui ?

Question : Peut-être une force…

Ramana : Découvrez de quoi il s'agit.

Question : Pourquoi suis-je né ?

Ramana : Qui est né ? La réponse est la même pour toutes vos questions.

Question : Qui suis-je alors ?

Ramana : [souriant] Etes-vous venu me faire passer un examen ? C'est vous qui devez dire qui vous êtes.

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